(Juste inscrit)
Cher journal,
Cela fait maintenant 558 jours que je suis enfermé sur cette île du célibat, nos geôlières nous surveillent.
Tous les hommes de la planète ont été enfermés dans ce bunker, certains ayant sérieusement déconnés avec elles, elles se sont révoltées.
Elles ont eu raison.
De temps en temps, l'un de nous disparait.
Aujourd'hui, j'ai tenté d'établir le contact avec certaines.
Elles sont quand même quelques unes a avoir eu pitié et nous ont aidé à mettre en place ce système de communication.
Je pense qu'elles peuvent devenir alliées.
Je vais réfléchir sérieusement quant à savoir comment m'approcher sans exploser sur une des nombreuses mines de rejet.
Je me dois d'être prudent.
Il y en a un qui a tenté une sortie du bunker en hurlant "Prenez moi, j'en peux plus!".
Elles l'ont pris, il est soprano maintenant.
Elles en choisissent un de temps en temps pour la reproduction de l'espèce, une fois l'acte accompli, comme pour les mantes religieuses, ils reviennent sans tête.
Pour le sexe ici, c'est très dur et c'est le cas de le dire.
On se débrouille, il n'y a que Roger qui est un peu ennuyé, il est manchot.
Personne ne veut l'aider.
Si je ne peux avoir de contact extérieur, alors j'envisagerai peut être une sortie mélancolique, en évitant les religieuses.
Il existerait une ile où certaines se sont réunies pour aider nos congénères.
Elles en sauvent quelques uns.
En attendant, je rêve que l'une d'elles me sorte d'ici quitte à en perdre la tête.
Je l'aimerai, vraiment.
Je la voudrai drôle, intelligente, fidèle, sincère, et décidée à vivre un jour à deux.
Pas tout de suite, mais au moins se fidéliser et s'aimer comme pour de vrai.
Je lui ferai plein de dessins, de câlins, sans l'encombrer, juste ce dont elle a besoin.
Je serai là pour elle, et on se battra tous les deux pour rétablir ce monde et au moins pour nous deux.
Rien ne sert de courrir, non ça ne sert à rien.